Conformité en matière de biens culturels en 2026 pour les transitaires spécialisés dans le transport d’œuvres d’art : deux axes, et le contrôle commun aux deux.

Ce document s’adresse aux transporteurs d’œuvres d’art et aux coordinateurs logistiques qui acheminent des biens culturels vers l’UE, hors de l’UE, ou les deux. Que vous connaissiez déjà bien la réglementation européenne ou que vous maîtrisiez mieux que quiconque les règles de votre propre pays, voici notre point de vue sur la manière dont ces deux cadres s’articulent, et sur les domaines dans lesquels nous pensons pouvoir vous aider. Le régime d'importation de l'UE est en vigueur depuis 2020, et son dernier volet, le système de licences et de déclarations, est entré en vigueur en juin 2025. Les exportations hors de l'UE relèvent d'une réglementation plus ancienne et distincte, et plusieurs États membres y ajoutent leurs propres règles. Voici comment tout cela s’articule, et ce que nous vérifions avant le départ d’un envoi.

Deux orientations, deux ensembles de règles

Tout mouvement transfrontalier s'inscrit dans l'une des deux directions suivantes, chacune étant régie par un ensemble de règles distinct.

L'importation d'un bien culturel dans l'UE implique de se conformer à deux régimes distincts : les règles d'importation de l'UE et la législation en matière d'exportation du pays d'origine du bien. Les transitaires basés dans l'UE connaissent généralement bien les règles d'importation et doivent en revanche se renseigner sur la législation en matière d'exportation du pays d'origine, souvent par l'intermédiaire d'un partenaire local ou du conseiller juridique de l'expéditeur. Les transitaires basés hors de l’UE se trouvent généralement dans la situation inverse. Ils connaissent bien leurs propres règles d’exportation, et c’est le volet « importation dans l’UE » que cet article vise à expliquer.

L'exportation d'un bien culturel hors de l'UE implique de respecter les règles d'exportation de l'UE elles-mêmes, ainsi que, dans plusieurs États membres, des dispositions nationales supplémentaires que le règlement (CE) n° 116/2009 ne mentionne pas du tout. La destination de l’objet a également son importance, mais surtout pour rappeler qu’il convient de vérifier directement les règles d’importation propres au pays de destination.

Répondre à l’une de ces questions ne répond pas nécessairement à l’autre. Une exportation peut ne nécessiter aucune formalité administrative pour rester légale dans son pays d’origine, tout en exigeant une licence d’importation ou une déclaration de l’importateur avant que l’objet ne puisse entrer dans l’UE. Un envoi peut être totalement exempté de licence d’exportation de l’UE et être néanmoins bloqué faute d’autorisation nationale. La plupart des documents rejetés sont liés à l’une de ces deux lacunes.

Importation d’un bien culturel dans l’UE : règlement (UE) 2019/880

Le règlement (UE) 2019/880 fixe les conditions d'introduction des biens culturels sur le territoire douanier de l'UE. Son interdiction générale est en vigueur depuis le 28 décembre 2020. Les exigences relatives à la licence d'importation et à la déclaration de l'importateur ont été introduites ultérieurement et s'appliquent depuis le 28 juin 2025, date à laquelle le système électronique centralisé de l'UE pour les biens culturels est entré en service. Le règlement prévoit trois niveaux, en fonction de la catégorie, de l’âge et de la valeur en douane de l’objet. Lorsqu’un niveau fixe à la fois un seuil d’âge et un seuil de valeur, ces deux conditions doivent être remplies simultanément. Un objet suffisamment ancien mais dont la valeur est inférieure au seuil fixé, ou suffisamment précieux mais trop récent, ne déclenche pas l’obligation.

Premier niveau : l'interdiction générale

Le règlement interdit l'introduction dans l'Union européenne de tout bien culturel relevant de l'une des douze grandes catégories (parmi lesquelles figurent notamment l'archéologie, l'ethnologie, l'art, les manuscrits et le mobilier datant de plus de 100 ans) qui aurait été illicitement soustrait à son pays d'origine ou de découverte.

Il n’y a ni âge minimum ni valeur minimale à ce niveau, ni aucune exception quant au régime douanier utilisé. Cela s’applique de la même manière aux marchandises mises en libre pratique, aux marchandises placées sous un régime particulier et aux marchandises simplement en transit sur le territoire de l’UE. Une erreur courante consiste à penser que l’admission temporaire, l’entreposage douanier ou le stockage dans un port franc échappent d’une manière ou d’une autre à la législation de l’UE, puisque les marchandises n’ont pas été mises en libre pratique. Ces régimes permettent de reporter les droits et les formalités, mais ne limitent pas le champ d’application du règlement. La mise en œuvre de ces mesures repose sur une approche fondée sur les risques plutôt que sur une approche systématique, mais dès qu’un envoi est signalé, les douanes doivent intervenir.

Deuxième niveau : la licence d'importation

Le permis d'importation s'applique aux objets issus de fouilles ou de découvertes archéologiques, ainsi qu'aux éléments démembrés de monuments ou de sites archéologiques, dès lors qu'ils datent de plus de 250 ans.

Les importateurs soumettent leur demande via le système électronique centralisé de l’UE dédié aux biens culturels à l’autorité compétente en matière de biens culturels de l’État membre de première importation. Cette autorité dispose de 90 jours pour statuer sur une demande complète, avec la possibilité de demander des informations complémentaires dans un délai de 21 jours et un délai de 40 jours accordé au demandeur pour y répondre. Les demandeurs doivent tenir compte de ce délai, car il ne s’agit pas d’un document que l’on peut obtenir la semaine précédant un vol.

Troisième niveau : la déclaration de l'importateur

La déclaration de l'importateur s'applique aux autres catégories (collections rares, biens historiques, antiquités telles que les pièces de monnaie et les sceaux, objets ethnologiques, œuvres d'art, manuscrits, livres anciens) dès lors que l'objet a plus de 200 ans et que sa valeur en douane est supérieure à 18 000 €.

L'importateur établit l'attestation et la joint à la déclaration en douane via le même système. Aucune autorité ne l'approuve au préalable, ce qui explique précisément pourquoi les pièces justificatives doivent être disponibles avant l'expédition de la marchandise.

Prouver que l'objet a quitté son lieu d'origine en toute légalité

Pour ces trois catégories, la question fondamentale est la même : l'objet a-t-il été retiré légalement de son pays d'origine ou de découverte, conformément à la législation en vigueur dans ce pays à l'époque ? Il ne s'agit pas de la version actuelle de cette législation, ni de la législation du pays d'où provient aujourd'hui l'envoi.

Deux solutions de repli s'appliquent lorsqu'il n'est pas possible de répondre directement à cette question. Si le pays d'origine ou de découverte ne peut être identifié, ou si l'objet a quitté ce pays avant le 24 avril 1972 (date d'entrée en vigueur de la Convention de l'UNESCO), l'importateur peut alors prouver l'exportation légale depuis le dernier pays où l'objet est resté pendant plus de cinq ans. Ce pays peut lui-même être un État membre de l’UE, ce qui fait d’une provenance européenne établie de longue date une preuve valable.

La charge de la preuve incombe à l’importateur dans tous les cas. Les pièces justificatives acceptées comprennent les autorisations d’exportation, les documents douaniers, d’assurance et de transport, les factures, les titres de propriété, les déclarations sous serment, les expertises, les catalogues de vente aux enchères et les photographies datées. Nous aidons nos clients à organiser et à vérifier ces pièces justificatives au regard des exigences réglementaires, mais la collecte des factures, des expertises et des documents d’exportation au pays d’origine incombe en premier lieu à l’expéditeur et reste sous sa responsabilité, ainsi que sous la vôtre en tant que transitaire chargé de l’expédition. Il convient également d’informer le client qu’une licence d’importation, une fois octroyée, ne constitue pas une preuve de propriété ou de provenance, et qu’elle peut être révoquée si les informations sur lesquelles elle repose s’avèrent par la suite fausses.

Les dérogations, et celle qui compte pendant la saison des foires

Cinq situations ne relèvent pas du système de licence et de déclaration :

  • Les biens culturels qui ont été créés ou découverts sur le territoire douanier de l'Union.
  • Marchandises retournées qui réintègrent l'UE dans un délai de trois ans à compter de leur exportation.
  • Importation temporaire à des fins éducatives, scientifiques, de conservation, de restauration, d'exposition ou de recherche par un musée agréé ou une institution similaire.
  • Marchandises envoyées par une autorité publique d’un pays tiers à un refuge de l’UE, afin d’éviter une destruction imminente dans le cadre d’un conflit ou d’une catastrophe.
  • Autorisation temporaire pour un salon d'art commercial.

Pour une admission temporaire dans le cadre d’un salon d’art commercial, une déclaration de l’importateur suffit, même pour un objet qui nécessiterait normalement une licence d’importation complète. Cette simplification ne s’applique que pendant la durée du salon. Si l’objet reste dans l’UE par la suite, le plus souvent parce qu’il a été vendu à un acheteur de l’UE, les règles habituelles en matière de licence ou de déclaration s’appliquent à partir de ce moment-là. Il est judicieux d’anticiper cette éventualité au moment de la réservation du transport, et non après la clôture du salon.

Les exigences du pays d’origine avant même que l’objet puisse quitter ce pays constituent une question distincte, régie entièrement par la législation de ce pays. Cet article se concentre sur les règles de l’UE ; il est donc utile de vérifier directement les exigences d’exportation propres au pays d’origine, que ce soit grâce à votre propre connaissance de cette juridiction, par l’intermédiaire d’un partenaire local ou du conseiller juridique de l’expéditeur. Cette vérification vous incombe en tant que transitaire chargé de l'expédition, et c’est l’un des domaines dans lesquels nous serons ravis de vous aider si vous préférez ne pas vous en occuper seul.

Sortie d'un bien culturel hors de l'UE : règlement (CE) n° 116/2009

Le règlement (CE) n° 116/2009 du Conseil prévoit l’obligation d’obtenir une licence d’exportation pour tout bien culturel quittant le territoire douanier de l’UE à destination d’un pays tiers, dès lors que ce bien relève d’une catégorie figurant à l’annexe I et qu’il dépasse les seuils d’âge et de valeur fixés pour cette catégorie. Il existe également, dans la plupart des cas, une législation nationale régissant les mouvements entre États membres, qui fait l’objet de la section suivante.

Le tableau ci-dessous présente de manière simplifiée les seuils de l'annexe I à l'échelle de l'UE, en ne retenant que les principales données relatives à l'âge et à la valeur pour chaque catégorie. L'annexe I elle-même comporte des sous-catégories plus détaillées et des renvois qu'un tableau récapitulatif ne peut pas refléter ; veuillez donc considérer ce document comme une référence de travail et consulter le texte intégral en cas d'éléments inhabituels.

CatégorieÂge / valeur
Objets archéologiques, éléments de monuments100 ans / toute valeur
Peintures50 ans / 150 000 €
Aquarelles, gouaches, pastels50 ans / 30 000 €
Dessins, mosaïques50 ans / 15 000 €
Estampes, gravures, affiches50 ans / 15 000 €
Sculptures50 ans / 50 000 €
Manuscrits, cartes, partitions50 ans / valeur indifférente
Livres100 ans / 50 000 €
Collectionssans limite d’âge / 50 000 €

C’est l’autorité compétente en matière de biens culturels de l’État membre où l’objet se trouve légalement et de manière définitive qui délivre l’autorisation, ce qui constitue une véritable contrainte pour le transport plutôt qu’une simple formalité. L’objet doit généralement être physiquement présent dans cet État membre avant que l’autorisation puisse être délivrée, afin de pouvoir être présenté pour vérification. Cette exigence comble également la faille qui consistait à transférer d’abord une pièce vers un État membre plus permissif, dans le but précis de contourner un régime plus strict en vigueur dans son lieu d’origine réel. Il convient d’organiser le transport en fonction du lieu où l’objet se trouve physiquement, et non du lieu où il est enregistré, détenu ou facturé.

Une autorisation reste valable pendant une durée déterminée à compter de sa délivrance. Dans le cas d'une exportation temporaire (prêt, exposition), elle peut également préciser la date limite de restitution de l'objet.

Fortius peut intervenir directement lorsque l'objet se trouve physiquement au Luxembourg. Nous nous chargeons nous-mêmes de la demande de licence d'exportation auprès de l'autorité compétente, ainsi que des formalités douanières à l'aéroport de Luxembourg. Lorsque l'objet se trouve dans un autre État membre, nous faisons généralement appel à notre propre réseau de partenaires sur place. Un transitaire basé dans l’UE est peut-être déjà mieux placé pour obtenir directement cette licence. Un transitaire qui fait appel à nos services depuis un pays hors de l’UE peut compter sur nous pour coordonner le partenaire et les formalités administratives.

Une fois que l'objet a quitté le territoire douanier de l'UE, c'est à vous ou à votre partenaire sur place de vérifier les règles d'importation en vigueur dans le pays de destination.

Règles spécifiques à chaque pays au sein de l'UE

Le règlement (CE) n° 116/2009 régit uniquement les exportations vers des pays tiers. Il ne traite pas du transfert d’un bien culturel d’un État membre à un autre, et la quasi-totalité des États membres a légiféré séparément pour définir ses propres exigences en matière d’autorisation pour ce type de transfert, avec ses propres catégories, seuils, ou les deux. Plusieurs d’entre eux imposent également une exigence nationale supplémentaire en plus du régime de l’Union européenne, même pour les exportations vers des pays tiers. La libre circulation des marchandises, principe général de l’Union européenne, ne suffit pas à elle seule à garantir le libre passage des biens culturels à travers une frontière intérieure.

Les quatre marchés présentés ci-dessous couvrent l'essentiel des situations auxquelles est confronté un transporteur d'œuvres d'art opérant au sein de l'Union européenne. Les seuils évoluent et sont modifiés dans le journal officiel de chaque pays sans annonce au niveau européen ; considérez donc ces chiffres comme un point de départ pour une vérification, et non comme une référence définitive.

Allemagne

La loi allemande sur la protection des biens culturels (Kulturgutschutzgesetz, KGSG), en vigueur depuis 2016, n'exige l'obtention d'une autorisation que lorsque l'objet dépasse à la fois le seuil d'âge et le seuil de valeur fixés pour sa catégorie. L'exportation vers un pays tiers s'appuie directement sur les seuils fixés par le règlement (CE) n° 116/2009, tandis que l'exportation vers un autre État membre s'appuie sur les seuils propres à l'Allemagne, qui sont généralement environ le double de ceux de l'UE. Un tableau, par exemple, nécessite une autorisation pour une exportation hors de l’UE s’il a plus de 50 ans et une valeur supérieure à 150 000 €, mais pour les mouvements intra-UE, le seuil passe à 75 ans et 300 000 €.

Il existe deux facilités qu’il est utile de connaître lors d’un envoi à destination ou en provenance d’Allemagne. Un objet importé légalement en Allemagne et réexporté vers l’UE dans un délai de deux ans ne nécessite aucune autorisation d’exportation, quels que soient son âge ou sa valeur, ce qui facilite les démarches pour un objet importé dans le cadre d’un salon, d’une restauration ou d’un prêt. Par ailleurs, une demande d’autorisation doit faire l’objet d’une décision dans un délai de 10 jours ouvrables, ce qui représente un délai d’attente nettement plus court que les 90 jours prévus pour une licence d’importation de l’UE.

Par ailleurs, tout objet enregistré à titre individuel en tant que bien culturel d'intérêt national doit faire l'objet d'une autorisation pour toute exportation, qu'elle soit temporaire ou définitive, quels que soient son âge ou sa valeur. Cette vérification du statut est distincte du tableau des seuils ci-dessus et il est recommandé de la signaler avant de réserver le déménagement.

France

La France exige un certificat d’exportation national ou une autorisation temporaire de sortie pour tout bien culturel quittant le territoire français, que sa destination soit un autre État membre de l’UE ou un pays hors de l’UE. Ce document national s’applique quelle que soit la direction prise. À la suite d’une réforme de 2020, ses seuils sont désormais supérieurs aux chiffres de l’annexe I de l’UE pour la plupart des catégories ; ainsi, un objet peut respecter le seuil français tout en devant être vérifié au regard des chiffres de l’UE dès lors qu’il est destiné à sortir de l’Union, où une licence d’exportation de l’UE est requise en complément du document français, et non en remplacement de celui-ci. Un objet inscrit, ou dont l’inscription est envisagée, au titre de « trésor national » (trésor national, au sens de l’article L.111-1 du Code du patrimoine) ne peut quitter le territoire que de manière temporaire, avec obligation de retour ; un refus du certificat d’exportation pour ce motif empêche toute nouvelle demande concernant ce même objet pendant 30 mois, période au cours de laquelle l’État peut faire une offre d’acquisition. Il s’agit là d’un risque différent de celui lié au non-respect d’un seuil. Un envoi par ailleurs conforme et correctement évalué peut tout de même être purement et simplement bloqué si l’objet est jugé d’importance nationale ; il est donc préférable de vérifier ce point en amont plutôt que de le découvrir au moment de l’exportation.

Espagne

L'Espagne exige une autorisation d'exportation pour tout objet datant de plus de 100 ans ou figurant dans son Inventaire général du patrimoine historique mobilier, quelle que soit sa valeur. Cette règle s'applique aussi bien aux exportations hors de l'UE qu'aux transferts vers un autre État membre, ce qui signifie que l'Espagne n'applique pas de seuil distinct et plus souple pour les transferts intra-UE, contrairement à l'Allemagne. Les demandes doivent être adressées à la commission d'évaluation régionale compétente, ou à la commission nationale si la région n'en dispose pas.

Le statut concerné ici est celui de « Bien d'intérêt culturel » (BIC). Un objet déjà classé BIC, ou dont la procédure de classement est en cours, ne peut bénéficier que d'une autorisation d'exportation temporaire, et en aucun cas d'une autorisation permanente, tant que ce statut est en vigueur.

Italie

L'Italie a récemment réformé sa réglementation, en relevant le seuil de protection de 50 à 70 ans et en augmentant à 50 000 € la valeur minimale requise pour obtenir un certificat d'exportation complet pour les œuvres d'un artiste décédé datant de plus de 70 ans. En dessous de ce seuil, l’autocertification du propriétaire doit toujours être vérifiée par le bureau des exportations avant le départ. Il s’agit d’un changement très récent ; veillez donc à vérifier les chiffres actuels avant de les communiquer à un client.

Le dispositif italien de contrôle, la « notifica », qui consiste en une déclaration d’intérêt culturel particulier, interdit purement et simplement l’exportation définitive dès qu’elle est établie, quels que soient l’âge ou la valeur de l’objet, et confère à l’État un droit de préemption sur toute vente. Comme en France et en Espagne, ce dispositif s’ajoute au système ordinaire de seuils plutôt que de s’y intégrer, ce qui nécessite donc un contrôle spécifique.

Ce que nous pouvons faire, et ce qui vous restera

Dans le cadre de l'examen d'un envoi, nous signalons le risque lié aux « trésors nationaux » dans ces quatre pays, et pour les demandes transitant par le Luxembourg, nous les traitons directement. Pour une demande devant passer par l’autorité compétente d’un autre État membre, nous faisons appel à notre réseau de partenaires sur place, et un transitaire basé dans l’Union européenne peut parfois être mieux placé pour obtenir directement ce permis. Ce que nous ne faisons pas, c’est déterminer la classification, c’est-à-dire si un objet spécifique relève de la catégorie «trésor national», «BIC» ou «notifica». Cette détermination relève de la responsabilité de l’autorité nationale du pays concerné et des conseillers du client, et il est préférable d’aborder cette question en amont plutôt qu’au moment de l’exportation.

La CITES ne tient absolument pas compte de la valeur culturelle, dans aucun des deux sens

La CITES repose sur une logique totalement différente de celle des règles relatives aux biens culturels évoquées ci-dessus. Elle s'intéresse à la nature matérielle d'un objet, et non à son type, à son âge ou à sa valeur. Ces deux ensembles de règles sont distincts l'un de l'autre et, selon l'objet, ils peuvent s'appliquer conjointement ou indépendamment ; il est donc judicieux de les distinguer dans votre réflexion, quelle que soit la destination d'un envoi.

Tout objet contenant des matières d'origine animale ou végétale provenant d'une espèce protégée entre dans son champ d'application. Parmi les exemples courants, on peut citer le bois dur tropical utilisé dans un cadre, un instrument à cordes, une incrustation d'ivoire sur un meuble, du cuir et un bracelet en peau de crocodile sur un objet de créateur. Un certificat est requis quelle que soit la valeur culturelle de l’objet, et il est totalement distinct de toute licence ou déclaration relative aux biens culturels. Un envoi peut respecter tous les critères énoncés dans cet article, dans les deux sens, et être néanmoins retenu en raison des matériaux qui le composent.

Vérifiez l'espèce sur cites.org avant de supposer qu'un article peut être exporté sans problème, et veillez à joindre le certificat aux documents d'expédition suffisamment à l'avance. Nous délivrons et traitons les certificats CITES en même temps que le reste des documents douaniers.

Déroulement des étapes d'un envoi transitant par l'aéroport de Luxembourg

Les étapes ci-dessous vous aideront à éviter les retouches, quelle que soit la direction dans laquelle l'objet se déplace. Commencez par déterminer où il a été créé ou découvert, et quelles sont les preuves de provenance disponibles, car tout ce qui suit en dépend.

  • En cas d'exportation, il faut d'abord obtenir l'autorisation nationale de sortie, puis la licence d'exportation de l'UE si l'objet en nécessite une. L'autorisation nationale doit être obtenue avant la licence européenne.
  • Lors d'une importation dans l'UE, il convient de régler les formalités d'importation à destination, qu'il s'agisse d'une licence, d'une déclaration de l'importateur ou d'une dérogation, l'interdiction générale devant être confirmée séparément dans chaque cas.
  • Vérifiez s'il existe une obligation au titre de la CITES indépendamment de ce qui précède, car celle-ci dépend des matériaux composant l'objet plutôt que de son statut culturel.

Pour les œuvres situées au Luxembourg, nous nous chargeons nous-mêmes d’obtenir l’autorisation d’exportation européenne auprès de l’autorité compétente. Nous gérons également les autorisations délivrées dans d’autres États membres, les présentons aux douanes et les dédouanons avant le départ. En cas de transit, nous établissons le document T1 ou gérons et dédouanons le document que vous nous fournissez. Lorsque les œuvres d’art voyagent sous le couvert d’un carnet ATA, nous vérifions le carnet et le présentons aux douanes pour signature et apposition du cachet. Nous conservons également le carnet avec l’envoi tout au long du trajet, ou l’envoyons en avance par coursier vers sa destination finale pour le dédouanement. Notre équipe a déposé 213 documents de transit à l’aéroport de Luxembourg en 2025 ; la liste complète des documents figure sur la page « Douanes et biens culturels ».

Une mise en garde de bonne foi : les seuils évoluent, les catégories nationales sont modifiées et plusieurs États membres ne figurent toujours pas dans les tableaux comparatifs utilisés par le secteur. Toutes les informations ci-dessus devraient vous aider à poser les bonnes questions et à obtenir les documents et renseignements nécessaires à votre transport. Lors d’un envoi concret, nous vérifions le texte en vigueur avant de vous conseiller, et toute personne chargée de vous conseiller devrait en faire de même.

Les formalités douanières uniquement, si c'est tout ce dont vous avez besoin

Le service « Douanes et biens culturels » est une offre autonome au sein de notre gamme de services, et non une formule groupée. Vous pouvez nous confier les formalités douanières, continuer à gérer le transport avec vos propres transporteurs et conserver l’intégralité de la relation client. Ce service est conçu pour compléter l’offre que vous proposez à vos propres clients, et non pour entrer en concurrence avec celle-ci. En 2025, nous avons traité une dizaine d’envois de biens culturels et de marchandises soumises à la Convention CITES, tous types confondus.

Si vous souhaitez également que les caisses soient surveillées, la supervision est un service distinct. Le déroulement étape par étape d’une opération d’importation ou d’exportation est décrit dans notre guide de supervision et sur la page « Supervision aéroportuaire ». Le contrôle à l’exportation est également un service distinct ; les trois méthodes sont comparées sur la page « Sécurisation du fret ». Quant aux raisons structurelles pour lesquelles les œuvres d’art transitent par cet aéroport, y compris via Cargolux, elles sont détaillées dans notre article intitulé « Pourquoi les œuvres d’art transitent-elles par le Luxembourg ? ».

Remarque concernant tout ce qui précède. Tous les chiffres, seuils et références juridiques mentionnés dans cet article étaient exacts au moment de la rédaction, mais la législation relative aux biens culturels évolue, dans plusieurs pays et à plusieurs niveaux, sans préavis. Considérez ce texte comme un guide et non comme une décision de justice. Si vous avez un envoi concret à vérifier au regard de la réglementation en vigueur, c’est précisément à cela que sert l’encadré ci-dessous.

ALLEZ PLUS LOIN

Vous avez un envoi de biens culturels à contrôler avant son expédition ?

Envoyez-nous des informations sur l'objet, son âge, sa valeur et son parcours. Nous vous indiquerons les autorisations et déclarations requises, et nous nous chargerons de celles que vous souhaitez nous confier.


N'hésitez pas à nous parler de votre prochaine opération.

Qu’il s’agisse d’une simple supervision ou d’une gestion complète, dites-nous ce dont vous avez besoin.